Temporalité et cartographies des débats

Compte rendu des discussions

Invités
Gérald Kembellec, Stella Geneston

Présentation des invités

Stella Geneston : a fait des études d’art et de design textile à l’ENSAV – La Cambre, Bruxelles et un Master en Gestion Stratégique de l’Information (GSI) à l’Université Paris 8.
Elle est présente au séminaire au titre du travail de cartographie très intéressant, sur le transhumanisme, qu’elle a fourni à l’occasion du cours de controverses, assurée par Orélie Desfriches Doria, à l’Université Paris 8 en Janvier 2018.
Gérald Kembellec : est MCF au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) de Paris, en Sciences de l’Information-Communication (SIC), directeur de l’axe « Fabrique des interfaces » du Laboratoire de recherche DICEN (Dispositifs d’Information-Communication à l’Ere Numérique) du CNAM. Il est également directeur du Master Mégadonnées du CNAM qui est axé sur le big data, les SHS et l’éthique. Il est présent pour réaliser un retour d’expérience à propos de la base de données sur la Bibliographie des critiques d’art, qu’il a construit avec d’autres chercheurs en SIC et en Histoire de l’art.
Cette BDD vise à gérer des références bibliographiques de la période 1850-1950 concernant la critique d’art en peinture, cinéma, théâtre, littérature… elle est disponible via une interface unique. Elle représente le résultat d’une rencontre entre chercheur en SIC et en Histoire de l’art.
La problématique de départ est la suivante : la critique durant la période de 1850-1950 se professionnalise, et un flou entoure sa définition, selon une vision interdisciplinaire, selon qu’on la considère du point de vue des journalistes, des artistes ou des industries culturelles. (Référence au travail de Krzystztof Pomian sur l’historique de la critique d’art).
Le corpus est constitué d’une littérature historique et sur l’histoire de l’art.
Dans le projet de construction de la BDD il s’agissait de faire émerger un dispositif convergent du point de vue des pratiques des disciplines des SIC de l’Histoire de l’art, tout en visant un public plus large, comme les amateurs d’art, les datascientistes, ceux qui ont vocation à travailler sur les données selon des approches de sciences dures.
L’interdisciplinarité est approchée dans ce projet comme la conception d’un modèle co-construit dans un cadre englobant : celui des humanités numériques, il s’agissait donc de créer un « bouillon » propice aux échanges et de partager des méthodes notamment. Cela a pu se faire dans un temps long.
Gérald Kembellec fait référence à ses travaux avec Thomas Bottini sur les « péricopes » :
Gérald Kembellec, Thomas Bottini. Réflexions sur le fragment dans les pratiques scientifiques en ligne : entre matérialité documentaire et péricope. 20° Colloque International sur le Document Numérique : CiDE.20, Nov 2017, Villeurbanne, France, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01700064/

Sur la question de la modélisation en lien avec les humanités numériques deux références sont évoquées :
Humanités numériques et modélisation scientifique, de Jean-Guy Meunier : http://journals.openedition.org.ezscd.univ-lyon3.fr/questionsdecommunication/11040
L’avenir des sciences sociales d’Andrew Abott : https://www.canal-u.tv/video/ehess/xxxviie_conference_marc_bloch_andrew_abbott_l_avenir_des_sciences_sociales.18216
Et :
https://www.ehess.fr/sites/default/files/pagedebase/fichiers/2015_conference_marc_bloch.pdf

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Stella Geneston présente ensuite sa cartographie qui présente le réseau des acteurs sur la problématique suivante : « Le transhumanisme est-il démocratisable ? »
https://graphcommons.com/graphs/65f2753e-5625-4742-8e3a-c35912a1430e
sur cette carte elle s’est interrogée sur « qui est absent du réseau ? » en prenant en compte que la visibilité des acteurs est évaluée selon des requêtes sur Google.
La fabrication de cette carte consiste néanmoins à réaliser une enquête , et rendre compte de celle-ci dans la carte. Cela procède donc d’un triple processus de construction/interprétation/visualisation des données.
La carte dans le cadre de ce travail constitue un outil de réflexion, de synthèse, et il faut penser à borner l’étendue de la carte. Cet outil sert aussi à construire des points de vue.
Ce travail réalisé pendant le cours de controverses est présenté dans son ensemble ici : https://transhumanismeparis8.wordpress.com/